Bon, ça fait plus de deux mois qu’on a emménagé et j’ai toujours rien gribouillé sur dessus de mon blog. Vous comprenez, les montages de meubles IKEA, Conforama etc., ça peut prendre du temps. Bref tout se passe super bien dans la colocation, bien qu’on n’ait toujours pas pendu la crémaillère (stay tuned). L’immeuble, contrairement au quartier, n’est pas très vivant ; rares sont les occasions de croiser un voisin. Du coup pas besoin de retenir les portes de l’ascenseur. C’est cool. Sauf que les voisins, ça se déplace. Ça prend même le métro. Ça a une chance sur mille de débarquer sur ton lieu de travail, un jour où TU travailles, et surtout, te reconnaître. Alors que t’as même pas encore payé ton premier mois de loyer. Folks, this is where it gets creepy.
Une gentille madame, d’obédience de pas-d’ici-mais-plutôt-vers-Mumbai, se présente donc à mes collègues et moi, en anglais, et affirme m’avoir déjà vu dans son quartier. Forcément, je ne l’ai jamais vue. je ne vois jamais personne. J’aime pas trop ça. « Mais si, dans cette résidence, là, au tél rue Machin ». Forcé de constater que l’adresse était exacte (et surtout flippé de me dire qu’elle ait pu me voir me balader à poil au sortir de la douche), j’ai fait semblant de la reconnaître. En partant, elle me lance un sympathique : « See you, neighbour« . Elle revient quelques semaines plus tard (il se trouve que mon lieu de travail est une des meilleures librairies anglophones de Paris, que dis-je, de France) acheter ses magazines et ses livres. « Hi!« … Encore une fois je ne l’ai pas reconnue. On discute un peu plus, un peu gêné par les collègues qui se moquent derrière. « Vous vivez dans quel appartement ? Celui avec le drapeau britannique ? » [THE FUCK] « Ah très bien, je laisserai quelque chose pour vous à la gardienne, j’espère que ça vous fera plaisir ^^ <3″ [De l'anthrax ? Du SIDA ? Un album de Ravi Shankar ? (do want)]. Un peu intrigué, elle s’en va, toujours avec le sourire. Mes collègues n’en peuvent plus. De mon côté, je ne sais pas à quoi m’attendre. Puis, quelques jours plus tard, ce matin, quoi, dans ma boîte aux lettres, ça.

C’est un gâteau. Il était donc protégé par plusieurs feuilles de papier d’aluminium, scotchées, plus deux couches de Sopalin, scotchées elles aussi, et par un petit sac. Maintenant je sais qu’elle s’appelle Indira, j’ai pas réussi à déchiffrer son nom de famille. J’ai bien aimé le geste, maintenant je sais pas trop quoi faire. Je sais pas faire les gâteaux, et ça m’étonnerait qu’un plat de pâtes-jambon-fromage dans sa boîte lui fasse plaisir. On verra en mai pour la Fête des Voisins, hein. En attendant, j’ai un petit déjeûner pour demain. Mais j’aurais préféré un voyage au Japon pour couvrir le Tougeki :/
AVANT MÊME QUE VOUS NE DEMANDIEZ : elle doit avoir à peine 30 ans, je crois qu’elle est mariée à un mec plein de fric, et elle doit se faire chier au quotidien. Mais elle est vraiment classe.




Nous étions trois. « Un jeu de plates-formes à plusieurs, c’est dul », pensais-je intérieurement. Le même phénomène se produit, le jeu dézoome. Il aura suffi de quelques niveaux et surtout, de peu de skill, pour me faire comprendre que le chaos aimait se loger dans le vide. Tous ces espaces initialement démunis d’action se retrouvaient alors submergés par des boules de feu piffées, des carapaces rouges oubliées, des bonus qui nous disent au-revoir en s’échappant par le haut de l’écran… Le jeu avait donc pris tout son sens. Il n’est absolument pas fait pour être joué seul. Comment ça « c’est écrit dessus » ? Bref. S’en sont suivi des scènes plus excellentes les unes que les autres, des retournements de situation magistralement anti-paroxysmiques, quand par exemple, moi, (je), décide tout à coup que les amis des mes amis sont mes ennemis. Le potentiel putassier de ce jeu est bien au-delà de huit mille. Très rapidement, j’avais ce sentiment de toute puissance, vous savez, un peu comme dans ces séries où un héros et son némésis s’allient pour contrer un mal plus grand. « Sans moi, vous n’y arriverez pas, alors j’accepte de vous prêter main forte pour ce stage, mais en échange vous me laissez faire ce que je veux. T’as pas le choix, j’ai gagné. » Alors on s’amuse à lancer ce putain de Toad dans la lave parce que sa voix vous énerve, on lance des carapaces au hasard en espérant que Luigi se les mangera, et on prend tous les power-up alors qu’on en n’a pas du tout besoin. Ce dernier point est peut-être le plus important, étant donné l’ultime nécessité du « chapeau », de la « toupie », de l’ »hélicoptère » ou encore du « truc qui vole, là », selon les régionalismes. Il s’agit de l’objet le plus prisé par mes comparses, et quel régal de les voir hurler à son apparition, et encore une fois quand ils ne récupèrent qu’un champignon de merde. L’attaque rodéo près d’un trou est très efficace, aussi. (C’est un putain d’overhead). Un autre truc à faire pour énerver tout le monde, tracer dans le niveau. Ne les attendez pas. Le jeu ne peut pas dézoomer à l’infini, ainsi les murs invisibles du Destin pousseront violemment tout joueur trop lent contre le relief agressif du royaume Champignon et il finira broyé. Pour les putes, flemmardes, cette fois-ci, je vous conseille également le bouton A, véritable remplacement de l’agilité. En effet, il vous place dans une bulle et vous retire temporairement du jeu. Les parties de co-op ne sont pas si mal non plus ; devoir s’organiser pour sauter sur une plate-forme qui chute au même moment et perdre trois vies à chaque essai est amusant.


64 – You’ve Got Mail